Le Colombie

Le paquebot le COLOMBIE a été mis en service en 1931 par la Compagnie Générale Transatlantique.
A partir de 1935, après avoir participé à la commémoration du tri-centenaire des Antilles françaises, il assure la liaison entre le Havre, Southampton et les Antilles.
Réquisitionné pour la guerre en 1939, saisi par les américains en 1942, il est restitué en 1946 aux autorités françaises qui lui font faire un voyage en Indochine au départ de Marseille. Puis la Compagnie Générale Transatlantique le remet sur la ligne des Antilles.
Le 4 Novembre 1956 le Colombie heurte le quai des Tourelles à Fort-de-France. Il passe quelques mois à Porto-Rico où il est remis en état. Il reprend son service en janvier 1957, jusqu’en 1961 où il est réaménagé pour le transport du contingent antillais faisant son service militaire en métropole.
Il est vendu en 1964 à un armateur grec.

En décembre 1959, une des filles de Mamanthé prenait le paquebot le Colombie à Fort-de-France pour se rendre en métropole. Elle a conservé son billet, la pochette du billet ainsi que l’étiquette de son bagage. Elle les a gentiment confiés à sa fille Mona, présidente de l’association Mamanthé, qui lui adresse tous ses remerciements et ses pensées les plus affectueuses.

SS Colombie – La pestilence de la cale

D’aucuns, les mêmes qui refusent le mot nègre et qui banalisent l’esclavage au nom de la République trouveront outrancière cette référence à la cale négrière à propos du paquebot Colombie. C’est leur droit comme c’est le mien d’avoir toujours vécu comme une nouvelle transplantation la traversée sans retour – j’appelle retour un délai raisonnable qui n’oblige pas à une réappropriation de sa propre culture – que je fis, à l’âge de deux ans, à bord du bateau susnommé. L’Histoire créole est compliquée et je la vit à fleur de peau. Je prie chacun de croire que ce n’est pas du dolorisme. C’est ma responsabilité et le moins que je dois, à mes parents bien-sûr, mais aussi à ceux qui n’ont pas eu comme moi l’opportunité de se ressaisir.

José Le Moigne, La Louvière, 1er octobre 2008

Glissant
comme endormi
sur l’océan sans fin
le paquebot

dans les plis de la houle
Quel silence me hèle
à la lisière des sargasses

ce peut-il qu’à nouveau
la pestilence de la cale
s’invite dans mes os

José le Moigne
pour Mona Georgelin
Inédit
La Louvière, 1er octobre 2008

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