les interviews de georges ah-tiane


 
 

Interwiew d'Hubert GERBEAU par Georges AH-TIANE, paru dans le KARI KREOL N° 9 Janv-Fév 2007
Hubert GERBEAU est reconnu pour ses travaux de recherches sur les Sociétés de l’Océan Indien, sa  présence dans des conférences concernant entre autres, l’esclavage, la traite négrière, la colonisation française…

Georges AH-TIANE est né à la Réunion en 1955 et vit en Métropole (Paris puis Marseille) depuis 1973. Il oeuvre pour la promotion de la culture réunionnaise et de la langue créole dans un cadre associatif depuis 1988.

Il nous parle de son parcours et de ses actions :

Différentes structures « Soleil de Bourbon », « Ker Volkan »…m’ont permis à la fois de « cultiver mon jardin » et de faire se rassembler les réunionnais de ma région. Pratiquement en 20 ans, j’ai dû mettre en place parfois par nécessité, parfois par opportunité des activités (avec l’aide du Conseil Général de la Réunion) telles que : Amicale avec ses soirées, sorties, arbres de Noël, pique nique…Vitrine culturelle (artisanat, art culinaire, fêt kaf, carnaval, conférences, littérature..), production de spectacles (groupes Live, groupes folkloriques, logistique d’accueil), communication et média (émission radio, lettres d’information), pédagogie et social (éveil artistique, accompagnement de jeunes de la mobilité, soutien aux familles isolées), inter culturalité (centre de ressources, collectifs, fédération), écriture et mise en scène (théâtre pour enfants, textes, concerts).

De 2002 à 2007 :
Ma démarche devient plus ciblée sur la communication (émission radio, réflexion sur la créolité) et la production de groupe musical ou d’évènements (concerts, conférences, slam). Adepte de l’Art Culinaire hérité de mes parents, j’ai l’occasion lors de cocktail de faire apprécier les spécialités de la Réunion et gagner « inn dé katsou » pour financer certains projets et m’affranchir des demandes de subventions que je juge contraignantes.

LA LANGUE CREOLE
J’ai toujours parlé le créole même après de longues années passées en Métropole. Mon intérêt pour sa lecture et son écriture remonte aussi à bien longtemps, d’abord avec les textes et chansons d’artistes comme Fourcade, les Jokarys, Ziskakan, Danyèl Waro, Baster…Il est vrai qu’il y avait un manque de cohérence au niveau de l’écriture en général, chacun le faisant avec sa sensibilité, jusqu’à la mise en place de l’Ekritir 77, (graphie que j’utilise le plus couramment) parmi d’autres. J’ai eu à lire aussi de très bons romans et documentaires en français ou créole, d’écrivains ou d’auteurs réunionnais.

Je pense qu’il faille adopter une écriture commune à tous les réunionnais même si au fond chacun peut écrire comme il l’entend mais nous devons être attentifs au choix de la graphie à retenir, qui devra être structurée et assez éloignée du français car je me rends compte à l’usage, du problème de diglossie.

Pour moi l’écriture est la base même de toute identité. Beaucoup de peuples transmettent essentiellement leurs savoirs et traditions par l’Oralité mais résisteront-elles à l’épreuve du temps ? L’écrit permet à l’auteur comme au lecteur, une analyse et réflexion posée sur le sujet traité, contrairement au dialogue où les échanges peuvent se faire de manière objective, certes mais pas forcément mémorisées.

Si nous sommes convaincus de la nécessaire différenciation du créole par rapport au français, il restera à lever un certain nombre de verrous dus encore une fois au colonialisme (suprématie de la langue française). Pour côtoyer à Marseille des défenseurs de langues régionales (occitane, provençale) je puis dire que leurs locuteurs intègrent sereinement leurs cultures régionales et qu’aucun conflit de langue, ni complexe ne les effleurent. Il pourrait en être de même pour les réunionnais. Par contre il y a un gros effort à faire sur l’alphabétisation des populations adultes des milieux défavorisés, en créole et en français. Je suis certain que l’école remplit son rôle pour ce qui est des jeunes scolarisés mais il doit certainement être très difficile de sensibiliser les séniors et d’y mettre les moyens.

J’ai eu souvent à mettre en avant le créole (oral et écrit) à travers mes activités associatives (radio, bulletins, fonnker, teks et chansons) mais la langue créole manque cruellement à mon sens de vocabulaire et nous puisons sans cesse dans le français en créolisant les mots. Il y a certes beaucoup de mots, d’expressions de diverses origines qui ne nous ont pas été transmis naturellement, que l’on redécouvre dans les écrits (dictionnaires, documentaires). Ils viendront sans doute alimenter notre lexique usuel dans peu de temps.

Je suis enfin persuadé qu’il faille mettre en place un vrai plan de développement de la lecture et de l’écriture créoles à la Réunion et aussi chez les réunionnais de Métropole. C’est un travail considérable (le réunionnais ne lit pas beaucoup) mais cela va dans le sens d’une (re) découverte de notre histoire et de nos traditions. A ce titre, il serait intéressant de mettre en place des ateliers de lecture/écriture un peu partout.

TEKS, FONNKER (écriture, Slam)
Lerk mi ékri in teks ou sinon sa in fonnker, slam kom i di koméla, mwin lé oblijé réfléshi an kréol, i pran a mwin in bonpé d tan akoz se mo la i vyin pa tousel. Non sèlman, lékritir lé pa fasil mé lo mo minm, swa i fo mi dégiz in mo fransé, swa i fo mi rod si li ekzis déja an kréol (diféran lo fransé) swa dan in not ka mi invant lo mo mwin minm. Mé kan so teks la la fine byin aranzé, mi lir a li di fwa, vin fwa telman pou mwin li lé gayar minm ! lo bann mo i shant tousel, lé konm si mi viv dan lo teks. Aster là mon zyé i rouve, mi mazine ke mwin lé in not moune, ke mwin lé an kapasité diriz mon pansé, mon lavnir kom mi antan, kom toute do moune lib y pé fèr.

Aster la mi mazine ankor, ke si toute kréol y gin-y lir, eksprim a zot kom i fo an kréol, nou nora in bonpé zafèr pou di, pou espliké ante nou minm. Mwin mi trouv ke kréol, nou koz pa tro ante nou, apark kass lé kui, kritiké ou sinon zafèr sinp sinp minm.

So leksprésyon kozé ou byin lékritir, lé kapab dar nou in note dimansyon, konprann noute zistwar, arèt fé roul a nou, tash mwayin donn a nou la min.

Aster là, pou bann do moun la pèr, i krwa ke noute réyonité va rann a nou pli bèt, ke la frans va rogarde a nou gro zyé, sak la onte nout langkozé, la onte noute maloya, noute zistwar lesklavaz, mi di a zot sé zot minm lé dan lignorans, kan ou rofiz oute pasé lé kom si ou koupe a ou in bra, in janm, ou riskab perde oute tèt minm !

Lé pa parske nou va argante noute kiltir ke nou rojèt la Frans, nou lé fransé minm, mé in fransé réjyonal, kom in korse, in broton… ek noute zistwar, noute tradisyon, noute lang.

Dé trwa teks ma la ekri lété amontré dan « Akoz », « Nout Lang » aster la mi ésèy mett slam, shanson an kréol an lèr ek de trwa dalon Marsey.

KARI KREOL, CAP REUNION
« Kari Kréol » lé in biltin réfleksyon i tyinbo a mwin pou angarote toute bann zinformasyon su la kréolité dan le monn. Lé gayar konèt noute bann dalon an lwizyane, sésèl, moris, anti, ayti..sak zot i fé osi pou la lang, pou zot kiltir, konèt koman zot i ékri , koman zot i avanse. Mi koz osi su bann réyoné an Frans. La rényon ma la rankonte Franswa Sintomer, diskit ek Davy Sicard, de trwa zartiss, ékrivin, é pi nana Nout Lang, Radio Pikan…Eskiz si mi oubli in bon pé sak i bouje pou noute Kiltir. Tousala i dar mwin in bon pé lespwar su lo gouté noute laksyon.

Kari kréol lé là pou di osi la vérité, pa bezwin nou la pèr. Pou mwin a Marsey kom an Frans, i fo nou gin-y donn kozman pou bann sak i ral a nou dèryèr, i abuze su la kouyoniss do moun. Kom Danyèl (Waro) i di : nou lé pa in demi moun ni in kar d moun, nou lé in moun !

« Cap Réunion » sé in lémisyon radyo su Marsey ke mi okip dépi 1998 pou fane la mizik kréol la Rényon ek Loséan Indyin. Anndan la i koz osi su la kiltir, zinformasyon, sobatkoz…Nou invit bann mizisyin, zékrivin…koméla i gin-y arkout a li su internet.

Principales activités actuelles :

« Cap Réunion » sur Radio Galère 88.4 Mhz. Le samedi de 17H30 à 19H. www.radio.galere.free.fr

« Kari Kréol » bulletin de réflexion (bimestriel 4 pages) sur la créolité.
Diffusé gratuitement par e mail demande auprès de
georges.ahtiane@orange-ftgroup.com

« Aléwar » calendrier mensuel de manifestations région marseillaise

Production groupe « Teddy PITOU & Alizés », danseuses folkloriques, Slam

Expositions Art Culinaire, cocktails

Partenaire en réalisation de « Kisisa Kréol », (semaine créole) avec Mic Mac (Mouvement Innovant en Coordination de Moyens et Actions Culturelles)

« Kabar z’Iles », rencontres littératures et musiques Océan Indien

 

Association KER VOLKAN
3A, rue Emile Baudot
13012 MARSEILLE
Georges AH-TIANE
06 81 94 05 00